Depuis plusieurs décennies, la ville se pare de multiples qualificatifs. Aujourd’hui le terme « ville intelligente » trouve adhésion dans tous les discours. Réponse aux enjeux de ce siècle ou dérive vers le tout numérique ? Qu’en est-il de ce nouveau modèle de ville ?

Tokyo
© Amandine Joly

Smart city, du slogan marketing à un projet de ville protéiforme

On entend par « smart cities » ou villes intelligentes, des territoires urbains qui utilisent les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) pour optimiser les services publics et privés et mieux gérer les dépenses. Le but est de faciliter et améliorer la vie des habitants (eau, électricité, services administratifs, …). En termes de démocratie, l’usage des TIC est une opportunité, pour les habitants, d’exprimer leurs besoins. En plein dans la logique de bottum up, la smart city créait les conditions d’un territoire inclusif et participatif. Cela passe notamment par la collecte de données, que l’analyse permet de traduire en tendances et en volontés. Ensuite, charge aux responsables concernés de traduire les idées et demandes des habitants en véritables projets.


Une dynamique planétaire

En France, la ville de Dijon se positionne en précurseur sur le sujet avec la mise en place d’un Poste de Pilotage Connecté de l’ensemble des outils informatiques et des équipements publics de Dijon et sa métropole. Cependant, la dynamique « smart city » n’est pas un phénomène qui se cantonne à l’Hexagone. On en trouve aujourd’hui des exemples très disparates : les politiques de e-démocratie de Montréal, la politique d’énergies renouvelables de Barcelone, la ville piétonne de Guangzhou en Chine etc… Les exemples sont inépuisables et de toute nature. On peut légitimement se demander si un « label smart city » verra le jour pour entériner, au même titre que l’appellation « Ville-Santé OMS », les efforts de municipalités œuvrant à améliorer la vie des habitants dans le respect de l’environnement.


La ville intelligente ne s’improvise pas

Au sein de ces territoires urbains où les TIC sont utilisés en masse, de nombreux enjeux éthiques, juridiques et économiques sont questionnés.

  • Demain, la 5G, le cloud, l’internet of things ou encore l’intelligence artificielle permettront d’accomplir des prouesses technologiques. Les décideurs et habitants devront identifier ensemble les technologies répondant à leurs besoins, loin de toute influence des GAFAM.
  • La protection des données personnelles des habitants est un principe fondamental. Ainsi, toute ville usant du numérique doit se poser la question de la gouvernance et de la souveraineté des données afin de respecter les libertés individuelles.  
  • La mise en place d’une politique smart city ne doit pas être décorrélée de la politique nationale, de celles des territoires et des juridictions en place. D’autant plus qu’il n’existe pas de modèle unique de smart city. Certaines émergeront de villes anciennes de cultures et d’histoires, d’autres sortiront de terres comme telles. Dans chacun de ces cas, un équilibre entre technique et humain devra être recherché.

Le décloisonnement entre les individus et les secteurs doit être encouragé et nécessite la mise en place de lieux de discussions et d’échanges. Cela peut se traduire par différents moyens.Lieux dédiés, plateforme numérique participative ou évènement type « débat public » rendu accessible grâce au numérique, … Il s’agit de travailler sur un écosystème d’acteurs connectés au niveau territorial.


« Smart city », vers une intelligence au service de la lutte contre les inégalités sociales et territoriales ?

La ville intelligente a vocation à améliorer et optimiser le quotidien des habitants. Or, n’oublions pas qu’en majorité, ces villes émergent sur des territoires où de nombreuses inégalités sociales et territoriales sont déjà identifiées et persistent. Celles-ci risquent de se creuser face aux défis actuels et à venir (croissance urbaine, changement climatique, transitions démographique et épidémiologique, catastrophes naturelles, …)

En conclusion, les moyens développés au sein d’une smart city peuvent être des leviers pour résoudre ces inégalités s’ils sont maîtrisés et réfléchis dans cette optique.

Easis souhaite faire partie de ceux qui penseront la ville de demain, en mesure d’associer à la fois technique et démocratie dans chaque projet de territoire.



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