Qu’importent les secteurs, le terme bien vieillir résonne partout comme un écho. Ce concept est-il seulement une figure morale ou conduit-t-il à de véritables actions pour la société ?

Bien vieillir

Un concept né des transitions démographique & épidémiologique

Depuis quelques décennies, on constate que dans la majorité des pays s’opère une transition démographique. Selon les projections, 2,1 milliards de personnes seront âgées de plus de 60 ans, en 2050, dans le monde. En France, cela équivaudrait à une personne sur trois, soit plus de 24 millions de personnes.  Couplé au vieillissement de la population, l’Etat français connaît également une transition épidémiologique ; aux anciennes maladies infectieuses et vectorielles, succèdent les maladies chroniques avec lesquelles vivent environ 20 millions de français aujourd’hui. La doctrine française parle d’entrée dans l’ère du vieillissement. Les besoins sanitaires et sociaux de cette population nécessitent l’adaptation de nos systèmes de santé et de nos modes de vie, notamment dans l’optique de bien vieillir. Pour Claire CRIGNON DE OLIVEIRA, il s’agit de vieillir « en gardant, malgré l’apparition de pathologies liées à l’âge, le maximum de ses capacités physiques, intellectuelles et de son activité sociale ».


Mettre en œuvre le « bien vieillir » ou aligner tous les secteurs sur la même foulée

Bien vieillir n’est pas seulement un état de santé mais aussi un état moral et social. La notion renvoie directement aux déterminants de santé et suppose ainsi l’action concertée de tous les acteurs, à toutes les échelles. Dans son rapport de 2019, la députée de la Loire Atlantique, Audrey DUFEU-SCHUBERT, insiste sur la nécessité de mettre en place une « approche graduée à trois niveaux : la sphère individuelle et intrinsèque de la personne vieillissante, l’entourage, et la reconnaissance sociétale du vieillissement ». Cela passe par l’affirmation de droits individuels pour les personnes âgées, d’un changement de regard de la société sur le grand-âge et par la recherche d’une approche interdisciplinaire des problématiques posées par le vieillissement.

Comme le mentionne la députée, le vieillissement est une responsabilité collective, elle ne peut se cantonner à l’unique secteur médico-social et appelle la mise en place de solutions transversales. Les acteurs des secteurs public et privé se sont saisis de la question : politiques, régions, acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire, mutuelles, industriels, startup, etc. Chacun essaie de se positionner sur un pan de la silver economy. Nouvel eldorado pour certains, il est cependant nécessaire que le bien vieillir fasse office de feuille de route commune, notamment pour éviter des dérives au détriment des droits fondamentaux de la personne.


Easis, promoteur et catalyseur de solutions pour bien vieillir

  • Au niveau du numérique, nous sommes convaincus de l’opportunité que constitue le digital pour les seniors, que ce soit pour favoriser la diffusion d’une culture du grand-âge sur les médias sociaux ou encore pour créer des ponts entre les générations. Pour ce faire, nous œuvrons en faveur d’un numérique positif, inclusif, et participatif, réduisant la fracture digitale entre les classes d’âge.
  • En matière de e-Santé, la mise en œuvre de parcours de soins coordonnés, notamment du e-Parcours, et l’accompagnement à l’émergence de structures 3.0, combinant actions sanitaires et sociales, permettent de répondre aux besoins de la personne âgée dans leur globalité. A titre d’exemple, nous incubons depuis 2019, le projet Silver C@mpus qui propose un ensemble immobilier adapté pour le grand-âge : habitats connectés et sécurisés, lieu d’expérimentation et de test, services de santé et sociaux, commerces à proximité, … Actuellement, nous souhaitons contribuer au rafraîchissement du secteur médico-social et contribuer à l’émergence d’EHPAD pensés comme des tiers-lieux de proximité et des points de rencontre pour les évènements sociétaux.
  • Se fonder uniquement sur la technique pour trouver des solutions favorisant le bien vieillir, serait caduque. Pour répondre aux enjeux humains posés par le vieillissement, nous ne négligeons pas l’approche individuelle visant à apporter à la personne elle-même les moyens d’être actrice de son vieillissement. Dans le cadre d’un projet mené pour une mutuelle française, nous encourageons la formation et l’engagement des personnes âgées dans des activités bénévoles.

Actuellement, nous constatons que le terme bien vieillir permet de fédérer des acteurs de toute origine. Cependant, nous pensons qu’à terme cette notion viendra à disparaître au profit du “bien vivre” – appellation insufflant davantage le concept de responsabilité collective du vieillissement et ne cloisonnant par les actions à une seule une catégorie d’âge. Pour conscientiser et embarquer l’ensemble des générations aux défis du bien vieillir, Easis souhaite mettre à disposition de tous les acteurs ses compétences pluridisciplinaires.



🔍  Pour aller plus loin :


Rédigé par Amandine JOLY, consultante e-Santé & Innovation sociale